Je mange, tu manges, on mange

Le rapport qu’on a avec la nourriture peut parfois être comme un poids qu’on mange. Un poids qui nous encombre, qui nous culpabilise. Ce rapport compliqué à la nourriture peut s’expliquer de différentes façons.

Je mange, tu manges, on mange ou le poids qu'on mange

Les suggestions que l’on mange

Il y a déjà la façon dont la nourriture nous parle ou plutôt celle que l’on nous conte durant notre enfance. Toutes les expressions autour des repas, de ces moments où l’on mange. Alors si la nourriture pouvait parler, elle dirait peut-être :

  • Fini ton assiette! Il y en a qui meurt de faim
  • Tu es privé(e) de dessert si tu n’es pas sage
  • Fais plaisir à maman/papa et mange.
  • Ça me bouffe ce que tu me dis.
  • Je suis écœuré(e) par ce que j’entends

On grandit parfois avec de nombreuses suggestions concernant la nourriture. Et parfois certaines peuvent devenir une réalité pour notre corps. Sans que l’on s’en rende compte. Comme si au fur et au mesure où nous grandissons, elles prenaient de l’ampleur, de la place pour s’ancrer en nous.

Si certains savaient que la phrase « certains meurent de faim » peut créer des peurs de mourir et par là même des prises de poids, peut être qu’ils arrêteraient de le dire. Mais ce n’est pas pour autant que cela changerait quelque chose pour nous.

Le poids des émotions qu’on mange

On parle aussi parfois de nourriture « doudou ». Comme si la nourriture venait compenser autre chose. Peut-être qu’alors elle a un rôle de réconfort, de sécurité ou d’équilibre dans le fonctionnement de nos émotions. C’est propre à chacun bien sûr, en fonction de notre propre histoire par rapport à la nourriture.

On pourrait dire que la nourriture joue avec nos émotions. Ou devrais je dire, que nos émotions jouent avec la nourriture. Parce que nos émotions parlent un langage particulier : celui de l’imagination et de la symbolique liée.

Les exemples sont nombreux et je pourrais citer le plaisir du sucré comme seul élément qui nous procure du plaisir, qui créé de la joie en nous. Ou bien encore notre tristesse que l’on noie dans le chocolat ou la boisson.

Une culpabilité qui grossit

Quand des processus liés à la nourriture commencent à grandir, cela laisse souvent place à la culpabilité. Et les phrases suivantes peuvent résonner en nous :

  • Pourquoi tu t’es goinfré(e)?
  • T’es nul(le) d’avoir mangé tout le paquet.
  • Franchement tu ne vaux rien

Et pour autant, cela nous arrête rarement, c’est souvent même plus fort que nous. On continue malgré nous, malgré notre volonté qui prend des coups. Tout comme notre estime de nous qui s’estompe au fur et à mesure.

Alors pour aider notre volonté, on fait des régimes, on se force à faire du sport, parce qu’on nous a souvent dit d’ailleurs que c’était de notre faute. Autant d’injonctions, de restrictions ou frustrations qui viennent rajouter du poids dans notre rapport à la nourriture.

Et manger devient au fur et à mesure un peu, beaucoup, passionnément voir je ne t’aime pas du tout mon corps, mon poids.

Quand on arrive à dire que l’on a aucun plaisir à manger, c’est que notre rapport à la nourriture à pris un sacré coup.

Le corps un poids qui nous mange

C’est le cercle vicieux qui est en place : rapport à la nourriture compliqué, efforts immenses pour que cela change, culpabilité et estime de soi tout en bas. Et ce cercle là est compliqué à bouger seul, d’autant plus parce que l’on se retrouve souvent « seul » face à au poids de la nourriture. On n’en parle pas, c’est tabou. Et puis parfois on a essayé et ça nous a encore plus encouragé à nous taire. Alors difficile d’avouer.

Certains de mes clients sont aussi passés par et si vous êtes dans ce cercle vicieux, c’est sûrement difficile pour vous. Alors prenez soin de vous surtout.

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