Pourquoi nos parents sont responsables de nos émotions?

C’est un article que j’ai en tête depuis un moment car je vois beaucoup de parents/éduquants envoyer leurs enfants chez des thérapeutes, alors qu’ils sont parfois très jeunes, à peine quelques mois. Et si sur le principe cela me paraît très bien de se faire aider, cela ne permet pas toujours de résoudre les problèmes à la suite et j’avais envie de vous expliquer pourquoi. Alors est-ce que nos parents sont responsables de nos émotions? 4 explications sur ce sujet.

Le fonctionnement de nos émotions

Avant toute chose, faisons un point sur le fonctionnement de nos émotions. Nos émotions sont des indicateurs de notre bien être pour nous. C’est une façon pour notre corps (notre inconscient en hypnose) de nous informer de notre état (consciemment). Elles ont notamment vocation à nous dire ce qui nous plait, ce qui nous déplait ou ce qui nous contrarie. Elles sont reliées à nos besoins et valeurs.

Exemple : Un enfant de 1 an n’aura pas le même besoin d’autonomie qu’un adulte. Il a besoin d’aide pour apprendre à être autonome alors que normalement adulte, on est capable de marcher tout seul.

Or c’est assez rare qu’on nous apprenne à comprendre nos émotions et surtout à les ressentir personnellement. Nos émotions vont s’exprimer différemment d’une personne à une autre.

Exemple : la tristesse peut être ressentie par des larmes ou par une sensation à la poitrine.

Aucune « normalité » sur le sujet, c’est simplement que nos émotions utilisent un langage symbolique qui nous est propre pour essayer de communiquer avec nous-même. Elles ont néanmoins un rôle universel et je vous en parle dans mon B.a-ba sur les émotions ici.

Sauf que quand on est enfant, on apprend le fonctionnement de nos émotions vis à vis de notre entourage éduquant. Donc si l’entourage éduquant à des difficultés avec ses émotions, l’enfant va « calibrer » sur l’entourage ces difficultés. La particularité, c’est qu’elles pourront s’exprimer différemment pour lui.

Enfant, on est éponge à émotions

Autre point particulier quand on est enfant, c’est que les enfants sont des éponges à émotions!

Le job principal de notre inconscient est de généraliser nos apprentissages : nous permettre de communiquer, marcher, etc. Et pour ce faire, il utilise l’environnement dans lequel on grandit. On est donc des éponges à émotions, même avec la meilleure volonté parentale!

Un enfant va capter plus facilement les émotions et plus précisément les ressentis de ses éduquants : stress, angoisses, phobies ou peurs sans danger présent, manque de confiance en soi, baisse d’estime de soi, hypersensibilité, addictions à l’alcool ou tabac…

Pourquoi il capte les ressentis désagréables ou inconfortables? Parce qu’il y a souvent des émotions bloquées derrière cela. Je le constate en accompagnement. Les émotions communiquent entre elles.

Les ressentis inconfortables sont souvent des indicateurs pour nous signaler qu’une émotion est bloquée. Nous n’avons aucune vocation à stocker des émotions, les nôtres ou celles des autres. Vous trouverez les cycles des émotions dans mon Ebook.

La responsabilité émotionnelle

Il est déjà assez complexe de comprendre nos émotions, mais c’est d’autant plus difficile quand d’un point de vue familial il y a les fonctionnements suivants :

  • Masque émotionnel. Exemple : on sourit alors que ça ne va pas
  • On ressasse régulièrement le passé ou certains évènements (deuil, accident) car c’est souvent un signe d’émotion non soldée inconsciemment
  • Se cacher à soi-même ses émotions (être dans le déni)
  • Violences subies enfants sans que les émotions liées aient été accompagnées (peuvent générer des addictions, phobies, angoisses…)
  • Ne pas s’autoriser à être triste parce qu’il faut être fort/qu’on est l’aîné ou autre. Exemple : dans le cadre d’un deuil

Beaucoup de générations ont appris à mettre de côté leurs émotions, à ne pas les écouter ou ont vécus des périodes de vie à fortes émotions (ex : les guerres).

Ressentir un stress désagréable quotidien, des pensées polluantes ou avoir des angoisses/phobies n’est pas « normal » pour notre corps. C’est une façon pour notre inconscient de nous signaler un problème, une charge émotionnelle.

Notre inconscient a bonne mémoire

En hypnose, on apprend que notre inconscient est un puit de ressources pour nous. Et il a surtout très bonne mémoire.

Par exemple un parent qui n’a pas fait le deuil d’un enfant peut involontairement transférer sa tristesse non soldée à son futur enfant à naître. Elle s’exprimera différemment pour l’enfant comme avec de l’hyperhidrose, des angoisses, une hypersensibilité, etc. Le choix est varié car notre inconscient à beaucoup d’imagination.

Autre exemple : des enfants qui ont perdus un parent pendant les guerres. Normalement leurs colère et tristesse ont du s’activer. Et sûrement leur peur si leur propre vie était en danger. Sauf qu’on disait souvent à l’époque aux enfants qu’il ne fallait pas être triste, pas avoir peur, etc. Cela a pu « bloquer » les émotions et se traduire par des maux à la suite.

Pour reprendre une citation très forte de sens pour les émotions :

Tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime

Jacques Salomé

Pour vous donner un exemple contemporain, j’accompagne très régulièrement sur l’hypertranspiration (ou hyperhidrose). C’est parfois relié en partie à des naissances difficiles (fausse couche en amont, non respect du choix de la mère pour l’accouchement…). Les adultes ne se souviennent pas de leur propre naissance, mais les parents leurs en ont souvent parlé. L’inconscient adorant la symbolique, il fait des liens : mère = mer = eau = charge émotionnelle = hyperhidrose. Cela peut être le cas aussi pour les phobies de l’eau.

Nos parents ne sont bien évidemment pas responsables à 100% de tous nos maux, en particulier les mères. Et les blâmer ne change souvent rien à nos ressentis en plus. Être parent est complexe, d’autant plus quand on a aucun mode d’emploi émotionnel cohérent.

Parents, 100% responsables?

Du fait des particularités des émotions, si en tant que parents, vous envoyez vos chers bambins voir des thérapeutes alors que leurs symptômes sont reliés à vos émotions non soldées -> les problèmes vont rester. Ils prendront peut être des formes différentes. Et quand vos enfants auront quittés le nid familial ou lors d’un changement de vie pour eux (= une naissance par exemple ou un déménagement), il se peut que cela ressurgisse par différents symptômes.

Si vous avez un manque de confiance en vous, d’estime de vous ou des difficultés avec votre poids (souvent signe de charges émotionnelles pour notre inconscient), cela s’accompagne très bien en hypnose. Se sentir bien ne devrait plus être une option aujourd’hui.

Et la bonne nouvelle, c’est que de nombreux parents que j’accompagne m’ont dit constater du changement positif avec leurs enfants, sans pour autant accompagner leurs enfants. Les émotions fonctionnent en vase communiquant dans les 2 sens et c’est plutôt une bonne nouvelle!

Que vous soyez parents ou non, si vous avez l’impression de traîner des bagages, un balluchon, le poids du passé, peu importe, c’est autant d’expressions pour nous dire qu’on a besoin de s’alléger du poids émotionnel de notre histoire, la nôtre ou celle familiale.

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